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Thèse

Le micro-endémisme dans un hotspot de biodiversité : approche globale sur la flore vasculaire de la Nouvelle- Calédonie et analyse comparative au sein du genre Scaevola

Résumé : Les milieux naturels de la Nouvelle-Calédonie, Hotspot de biodiversité, ont subi de nombreuses dégradations par l’action simultanée de différentes menaces telles que les incendies, les extractions minières, l’urbanisation et l’introduction d’espèces envahissantes. A cela s’ajouteront probablement à court terme les impacts des changements climatiques. Afin de proposer un consensus entre la nécessité de protéger cette importante biodiversité néo-calédonienne et l’accroissement rapide des activités anthropiques à l’origine de ces menaces, une étude comprenant une approche à une échelle macroscopique et une approche comparative de la flore micro-endémique est proposée. La première s’attache à appréhender le micro-endémisme sur l’ensemble de la flore vasculaire du territoire. Les espèces micro-endémiques(EME), séparées en trois groupes, ont été identifiées à partir de la littérature et des échantillons d’herbiers. De nombreuses espèces se sont révélées être micro-endémiques (309 restreintes à une localité, 193 à deux localités, 133 à trois localités). Parmi celles-ci, de nombreuses n’ont pas de statut UICN (76%) et de ce fait ne sont pas protégées par la règlementation locale. Cependant, une corrélation significative a été mise en évidence entre les EME inscrites à l’UICN et les EME à une et à deux localités, conduisant à l’établissement d’une liste d’espèces extrêmement menacées, non protégées par la réglementation, l’objectif étant de favoriser la mise en place d’études pour leur inscription et de fait leur protection. Aussi, grâce à la localisation de ces espèces, il a été possible d’identifier des Hotspots de Micro-Endémisme Végétal (HMEV), zones présentant de fortes densités en EME. La distribution de ces HMEV a été comparée à celle des aires protégées, mettant en évidence de nombreux espaces d’une exceptionnelle diversité micro-endémique non encore protégés et qu’il conviendrait de prendre en compte dans les politiques actuelles de conservation. Le recueil par ce travail de la liste des nombreuses localités abritant des EME et la spatialisation sur l’ensemble du territoire de variables environnementales, ont permis de séparer les EME en fonction de leurs exigences écologiques et de modéliser, par utilisation de MaxEnt, la distribution potentielle de micro-habitats susceptibles d’en héberger d’autres. De nombreuses nouvelles zones se sont ajoutées aux HMEV déjà identifiés, permettant d’orienter les opérations futures de prospection et de conservation à mettre en place rapidement sur l’ensemble du territoire au regard des menaces grandissantes. La seconde approche utilisée pour étudier le micro-endémisme avait pour objectif de comprendre pourquoi au sein d’un même genre, certaines espèces proches phylogénétiquement présentent des distributions larges et d’autres plus restreintes. Pour cela, une étude comparative a été menée entre Scaevola montana, espèce indigène à large répartition, et S. coccinea, espèce micro-endémique de la vallée de la Tontouta. L’espèce commune s’est révélée très tolérante en terme de climats et de sols, à l’inverse de S. coccinea limitée aux seuls sols bruns hypermagnésiens. Au niveau de leur biologie de la reproduction, l’espèce commune est pollinisée par une guilde d’insectes et dispersée par les oiseaux, alors que l’espèce micro-endémique est pollinisée par des oiseaux territoriaux et ses fruits ne sont pas dispersés par des animaux. Ces modes de reproduction bien distincts laissaient envisager de forts impacts sur les flux de gènes entre les individus et les populations. Cet élément a été confirmé par l’étude de la diversité et de la structuration génétiques des populations à partir de marqueurs microsatellites. Les populations de S. montanas ont organisées en deux grands groupes, celui des massifs ultramafiques de la côte ouest et celui du Grand Sud (deux populations particulières ont été retrouvées à l’Ile des Pins et au Col d’Amoss). A l’opposé les populations de S. coccinea apparaissent très différenciées alors même qu’elles sont proches géographiquement (<2km). Ceci met en évidence l’absence de flux de gènes sur de très courtes distances chez cette espèce. S. coccinea a donc une distribution restreinte principalement due à son incapacité à se disperser sur de longues distances et à une niche écologique relativement restreinte. Ces observations vont permettre de mieux gérer ces deux espèces. S. montana étant utilisée dans des programmes de revégétalisation, il conviendra d’utiliser des semences du groupe correspondant à la zone d’implantation. Quant à S. coccinea, sa conservation apparaît incontournable car représentée par quelques populations situées dans une vallée fortement impactée par les activités minières.
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Contributeur : William Demet <>
Soumis le : vendredi 16 octobre 2020 - 03:12:18
Dernière modification le : mercredi 21 octobre 2020 - 03:39:21

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Adrien Wulff. Le micro-endémisme dans un hotspot de biodiversité : approche globale sur la flore vasculaire de la Nouvelle- Calédonie et analyse comparative au sein du genre Scaevola. Botanique. Université de la Nouvelle-Calédonie, 2012. Français. ⟨NNT : 2012NCAL0039⟩. ⟨tel-02968627⟩

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